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Réussir son potager

On a coutume de dire qu’il faut connaître un sol avant de le cultiver. En réalité, il faut connaître son coin, c’est-à-dire un ensemble d’éléments : le sol, le climat, l’exposition et l’orientation, l’hydrographie, les limites de production et, aussi, les traditions.

Connaitre son sol

La productivité d’un sol dépend en grande partie de son acidité (le pH). Il est extrêmement facile d’analyser soi-même une terre.
Deux méthodes sont particulièrement employées : le pH-mètre, composé essentiellement d’un liquide qui prend une coloration différente selon le degré d’acidité, ou les papiers colorés qui, eux, virent plus ou moins selon les cas.

Mais un œil exercé ou averti découvre aisément ce que vaut un sol d’après les plantes qui y poussent naturellement. Ainsi les luzernes indiquent qu’un terrain est riche en chaux, alors que le sainfoin prouve qu’il y a trop de calcium.

Le pissenlit recherche le terrain argileux bien nanti en potasse. La petite oseille signale que son sol manque de chaux. Il en va de même, et plus encore, pour les bruyères ou les genêts qui se plaisent dans une terre très acide. Le tussilage se développe dans un milieu lourd qu’il faudra ameublir. En revanche, le trèfle blanc témoigne d’un sol bien équilibré.
D’une manière générale, pour une culture potagère, il faut rechercher un sol riche en terre noire et qui se présente sans relief accentué.
Les terres franches comprenant environ 25 % d’argile, 60 % de silice, 8 % de calcaire et 6 % d’humus, sont considérées comme les meilleures.
Il peut s’y ajouter d’autres éléments : azote, acide phosphorique, potasse, des chaux sous diverses formes (nitrate, carbonate, silicate, sulfate, humate).
On peut également découvrir dans une terre arable des « oligo-éléments » ou micro-éléments (cuivre, zinc, manganèse, bore) qui jouent un rôle non négligeable dans le développement des végétaux.
Enfin, il faut tenir compte de la vie animale (lombrics, vers ou larves, insectes) et de la vie microbienne.
Les infiniment petits ont une action considérable dans la décomposition de la matière organique comme dans la préparation de la nourriture des végétaux.

Le climat
Il va sans dire que les conditions climatériques d’une région jouent énormément sur sa production en légumes. En France, elles sont heureusement telles que la plupart des légumes courants peuvent pousser partout ou presque. Pourtant, certains légumes exotiques, comme le chou de Chine, la patate douce, l’igname ou encore le gombo « viendraient » difficilement.
Les plantes vivent d’air, de chaleur, de lumière, d’eau, mais aussi du froid qui les engourdit pendant l’hiver.
Les légumes ne font pas exception à la règle. Mais eux aussi supportent mal l’excès. Trop de soleil ou de pluie peuvent leur être nuisibles autant que la grêle ou le gel.
Le vent lui aussi joue un rôle.
Trop violent, il disperse la terre végétale, dessèche et durcit la surface du sol, brise ou couche par terre les tiges des légumes de surface. Modéré, au contraire, il équilibre l’évaporation et régularise la circulation de la sève.

Un calcul du total des températures moyennes de tous les jours de l’année établit, en France, la température moyenne à 110. Naturellement, elle varie d’une région à l’autre.

Exposition et orientation du terrain

Puisqu’il aime soleil et chaleur, le jardin potager devra être très dégagé, bien exposé.
Éviter, par conséquent, les zones d’ombre trop nette, celles fournies par de hauts murs ou par des arbres à feuillage vaste et épais; poussant leurs racines, ces derniers peuvent également gêner la culture, en prenant pour leur propre entretien l’humidité et les éléments fertilisants du sol.

On ne peut pas toujours avoir un terrain exposé comme on le désirerait. Retenons qu’orienté au sud, le terrain aura une production plus précoce que s’il est orienté au nord. Un sol orienté à l’ouest est souvent plus ventilé. Il sera meilleur pour le potager que pour le verger.
Un terrain en pente est évidemment plus particulièrement soumis aux conséquences de l’exposition et de l’orientation. Si la pente est très prononcée, on a intérêt à le cultiver par paliers.

L’hydrographie
Le potager a besoin d’eau. Il compte d’abord sur la pluie, mais la pluie n’est pas toujours au rendez-vous.
Là encore, les caractéristiques de la région ont de l’importance : il y pleut plus ou moins.
On choisira donc les légumes qui aiment plus ou moins l’eau. Mais, de toute façon, il faut amener, dans la mesure de ses moyens, l’eau jusqu’au jardin.
En périodes très sèches, lors des chaudes journées de l’été, l’arrosage se fait le soir. En revanche, dans les périodes où l’on craint le gel nocturne (printemps et automne) on doit arroser le matin. Il ne faut pas « caresser » les plantes en les aspergeant superficiellement.
Il est préférable d’arroser moins souvent, mais profondément.

Le meilleur système d’arrosage se fait en pluie par le « tourniquet ». Mais attention aux semis et aux plantes fragiles. Utiliser pour eux l’arrosage à la main et à la pomme.
L’arrosage au goulot se pratique sur les plantes que l’on vient de repiquer.
Si vous voulez semer en plein été, arrosez dans les quinze jours qui précèdent l’opération. Faites-le abondamment. Vous ferez germer les mauvaises herbes que vous pourrez arracher facilement.

La qualité de l’eau?
La meilleure est très certainement l’eau de pluie. L’eau de rivière est à surveiller, car, si elle est trop calcaire, elle risque de modifier beaucoup la fertilité du jardin. L’eau du puits est bonne, mais trop froide. Avant emploi, la faire réchauffer dans des baquets, ou des bassins exposés au soleil.

Les limites de production
Il n’y a pas de cerises en Alaska, chantait-on entre les deux guerres. Aujourd’hui, grâce aux progrès de la science dans le domaine agricole, on pourrait faire pousser des laitues en Terre Adélie. Mais, dans le jardinage à l’air libre, il faut savoir limiter ses ambitions et ne demander à sa terre que ce qu’elle peut bien vous donner.
Le plus logique est de baser ses cultures potagères sur celles qui se récoltent depuis toujours dans la région. Car il faut en déduire qu’elles conviennent à la terre comme au climat.
Pourtant, il se peut que certains légumes ne soient pas cultivés, pour la simple raison qu’on ne l’a jamais fait.

D’amusantes expériences peuvent être tentées.
On doit tenir compte également de l’étendue de son jardin. Certains légumes mangent beaucoup de surface. Si on veut avoir un peu de tout, sur un terrain assez limité, il faut établir ses semis en conséquence.

On a calculé qu’il fallait un are et demi par personne à nourrir… à la condition de ne pas trop y cultiver les gros légumes (pommes de terre, carottes, choux, etc.).

Les traditions
Il faut enfin compter avec les habitudes, les traditions de la région. Faire profession de novateur n’est valable que si l’on est sûr des futurs résultats. Ne jamais oublier que la culture potagère obéit à des règles plus impératives que celles des fleurs ou des fruits .

En bref, pour aménager un terrain potager, il faut se rappeler que :
• Les légumes ont une croissance qui demande des soins.
Non seulement, il leur faut une terre correspondant à leurs besoins, mais le voisinage des sources de fumées nocives (les usines), de poussières desséchantes (exploitation de carrières), de routes goudronnées qui « transpirent » sous l’effet de la chaleur estivale, leur est contraire.
• Il faut un réserve l’eau à proximité.
• L’exposition sud ou sud-ouest est la meilleure.
• Il est plus difficile de chercher à modifier la nature même du sol (perméabilité, consistance, échauffement, stabilité) que de l’enrichir au moyen d’engrais.

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